
Depuis toute petite, je lis énormément. Les livres ont très tôt occupé une place particulière dans ma vie : ils m’accompagnaient partout, ouvraient des portes, consolaient, faisaient rêver. Pendant longtemps, l’écriture me semblait pourtant appartenir aux autres, comme un territoire que j’admirais de loin sans oser y entrer. J’aimais lire, profondément, mais passer de la lecture à l’écriture demandait sans doute un autre temps, une autre maturité, une forme d’élan intérieur que je n’avais pas encore trouvé.
Puis, peu à peu, l’envie est devenue plus forte. D’abord sous la forme de quelques phrases griffonnées, de fragments de souvenirs, d’idées notées au fil des jours. Ensuite sont venues les nouvelles, comme une manière simple et naturelle de commencer : des histoires plus courtes, plus directes, mais déjà habitées par ce qui me touche le plus, les liens humains, la mémoire, les silences, les émotions qu’on n’exprime pas toujours. Écrire des nouvelles m’a permis de trouver ma voix, de comprendre mon rythme, et surtout de donner une forme concrète à ce besoin d’inventer des histoires.
Aujourd’hui, je travaille aussi à mon premier roman, avec une émotion particulière. Il s’inscrit dans cette continuité : partir du vécu, de fragments de vie, de souvenirs familiaux, d’impressions parfois très intimes, pour les transformer en fiction. Ce n’est pas une retranscription fidèle de la réalité, mais une transposition, une manière de reprendre les fils du réel pour en faire une histoire d’amour au long cours, traversée par les années, les héritages, les secrets et les élans du cœur.
J’aime les récits qui laissent une place à la tendresse, à la retenue, à l’atmosphère. J’aime les histoires qui parlent de familles, de transmission, de routes intérieures, de ce que l’on porte en soi sans toujours le dire. C’est dans cet esprit que j’écris, avec le désir de proposer des textes sincères, sensibles, et proches de la vie.
Je crois que l’écriture m’a permis de réunir deux choses qui m’accompagnent depuis toujours : le goût des mots et celui des histoires humaines. C’est une manière pour moi de prolonger ce que la lecture m’a donné si longtemps : une façon d’habiter le monde avec plus de douceur, plus de curiosité, et parfois un peu plus de lumière.

